Programme d'éducation de la mère et de l'enfant (MCEP)

Profil de pays: Nigéria

Population

148 980 000 (2007)

Pauvreté (Population vivant avec moins de 1 dollar par jour, %):

70,8% (1990-2004)

Langue officielle

anglais, haoussa, igbo, yorouba et edo

Taux net d’admission dans l’enseignement primaire (TNA total, %)

72% (2004)

Taux d’alphabétisme total des jeunes (15 – 24 ans)

84% (1995-2004)

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 1995-2004)
  • Total : 69%
  • Hommes : 78%
  • Femmes : 60%
Sources

Présentation générale du programme

Titre du programmeProgramme d'éducation de la mère et de l'enfant (MCEP)
Organisation chargée de la mise en œuvreThe Ecumenical Foundation for Africa (EFA)
Langues d’enseignementAnglais et langues africaines locales, telles que l'ogoni
PartenairesÉtat de Rivers (à travers le ministère fédéral de l'Éducation), UNESCO, secteur privé (bienfaiteurs, amis, proches) et secteur public (Direction de l'Éducation de base universelle de l'État de Rivers, Agence de l'Éducation des adultes et non formelle de l'État de Rivers et Projet Fadama lll de la Banque mondiale)
Date de création2005 -

Contexte national

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Depuis son indépendance en 1960, le Nigeria déploie d'énormes efforts pour éduquer l'ensemble de ses citoyens. Pour ce faire, les différents gouvernements nationaux ont multiplié les programmes d'éducation et d'alphabétisation, tels que l'enseignement primaire universel (UPE, 1976) obligatoire et gratuit, l'Institut national des enseignants (NTI, programme de formation à distance des enseignants), la campagne décennale d'alphabétisation de masse 1982-1992 et le programme d'éducation de base universelle (UBE, 1999 ; 2004). L'objectif principal était de promouvoir l'accès à l'éducation pour tous, et ces programmes ont fortement contribué au développement de l'éducation dans le pays. Par exemple, en 2004, l'accès à l'enseignement primaire ou taux net d'admission (TNA) était de 72 %, entraînant une nette amélioration des taux d'alphabétisme des jeunes et des adultes, passés respectivement à 84 et 69 % de 1995 à 2004, même s'ils varient selon les zones. Ainsi, le taux d'analphabétisme est plus élevé dans la zone du Delta du Niger et le nord que dans la région du sud-ouest, dont le gouvernement régional a adopté l'éducation gratuite depuis 1962, immédiatement après l'indépendance.

Toutefois, les programmes publics d'éducation et d'alphabétisation ont péché par une faiblesse majeure persistante : l'absence de prise en charge de l'éducation de la petite enfance (EPE), d'opportunités d'apprentissage pour les familles et les communautés et d'accès à l'éducation pour les femmes, en particulier celles des communautés rurales socio-économiquement défavorisées. La vie familiale étant le premier environnement d'alphabétisation de l'enfant, l'absence de programmes éducatifs intergénérationnels intégrés à grande échelle a eu des répercussions négatives sur les résultats scolaires des enfants nigérians. Ce, parce qu'en zone rurale la plupart des parents (en particulier les mères) ont beaucoup de mal à participer activement à l'éducation de leurs enfants en raison des taux élevés d'analphabétisme et de pauvreté, auxquels s'ajoutent le manque, voire l'absence, de compétences entrepreneuriales. En outre, l'inexistence de programmes d'éducation et d'alphabétisation familiale a entravé le développement communautaire et familial et favorisé l'exode rural des jeunes femmes (18 à 30 ans), constituées en majorité de mères célibataires qui confient leurs jeunes enfants à leurs proches ou leurs parents. La privation d'éducation de base affecte fortement les enfants ruraux. D'après les statistiques, la plupart de ces enfants (0 – 6 ans) ne reçoivent aucune forme d'apprentissage organisé avant l'école primaire et sont souvent mal nourris et vulnérables aux maladies hautement transmissibles. La situation s'est améliorée depuis l'entrée en vigueur de Loi sur l'éducation de base universelle de 2004, qui vise à garantir l'éducation de la petite enfance et l'éducation primaire et secondaire partout dans le pays. Toutefois, beaucoup reste à faire en termes d'accès à une éducation de qualité en zone rurale.

C'est en particulier le cas lorsque l'on prend en compte les questions d'information et d'autonomisation.

Les pratiques culturelles et traditionnelles minent fortement la qualité de la vie dans certaines parties du Nigeria. Par exemple, en Ogoniland, qui regroupe six collectivités locales de l'État de Rivers, la culture dicte à la fille aînée de ne pas se marier, mais l'autorise à avoir des enfants chez ses parents. Le bien-être des enfants qui grandissent dans ces conditions est souvent fortement compromis.

C'est dans ce contexte que la Fondation œcuménique pour l'Afrique (EFA, Ecumenical Foundation for Africa) a été créée en 1999 par un groupe de professionnels de l'enseignement supérieur. En 2005, avec l'appui financier de bienfaiteurs et d'amis et l'assistance technique de l'UNESCO, l'EFA a initié le Programme d'éducation de la mère et de l'enfant (MCEP). Le MCEP, une composante du projet multidimensionnel Kwawa-Ogoni-UNESCO pour le développement de l'éducation (KWUEDP), vise principalement à améliorer l'accès des femmes (mères) et des enfants à l'éducation et à promouvoir, de ce fait, l'autonomisation des femmes, la bonne éducation des enfants et le développement rural. Pour cette raison, il vient compléter les programmes publics d'éducation et d'alphabétisation en cours, tels que l'UBE, aider le gouvernement à s'acquitter de ses obligations internationales en matière d'éducation et de développement, décrites notamment dans l'Appel de Bamako (2007), les objectifs de l'Initiative pour l'alphabétisation : savoir pour pouvoir (LIFE), les objectifs de l'Éducation pour tous (EPT) et les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). À ce jour, le programme est dispensé dans une centaine de centres d'apprentissage communautaires (CLC) répartis entre 23 agences des collectivités locales des États de Rivers (principalement à Khana, Tai, Gokhana et Degema), d'Edo et de Bayelsa. Au total, 5000 femmes et 300 000 enfants nigérians ont bénéficié du MCEP depuis son démarrage en 2005. Adapté par les ONG et les épouses des fonctionnaires des gouvernements des États, le MCEP est devenu un modèle de référence pour les programmes d'alphabétisation et d'enseignement des compétences de la vie courante au Nigeria.

Le programme d'éducation de la mère et de l'enfant (MCEP)

Le MCEP est un programme intégré intergénérationnel (familial) d'éducation et d'alphabétisation, parfois appelé approche civique de l'éducation de la mère et de l'enfant. « Civique » parce qu'il privilégie la population et repose sur le renforcement du pouvoir et de la voix des participants. Il ambitionne d'améliorer l'accès à l'éducation, en particulier pour la majorité vulnérable et pauvre des communautés rurales défavorisées et marginalisées. Malgré son caractère éducatif inclusif familial et communautaire, le MCEP cible spécialement les mères et les enfants (0-8 ans) laissés en marge des programmes éducatifs et d'alphabétisation existants. C'est pourquoi l'alphabétisation de base et la formation aux compétences de la vie courante des femmes et l'éducation de la petite enfance en sont les éléments centraux.

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Pour répondre efficacement aux besoins d'apprentissage variés des femmes et des enfants d'origines sociolinguistiques diverses, le MCEP adopte une approche bilingue (anglais et langue maternelle) intégrée de l'alphabétisation et de la formation aux compétences de la vie courante. De ce fait, il met l'accent sur les matières et activités pertinentes pour le contexte socioéconomique local et les expériences et besoins quotidiens des apprenants:

Éducation de la petite enfance

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Le volet EPE du programme a été initialement introduit pour encourager les mères à participer à la composante alphabétisation. Elles avaient souvent du mal à trouver à qui confier leurs enfants pendant la journée pour aller aux champs ou pratiquer leur petit commerce. Autrement dit, ils étaient fréquemment exposés au danger et livrés à eux-mêmes, y compris lorsqu'ils accompagnaient leur mère aux champs. Le volet EPE du programme leur offre un espace d'accueil tout en exigeant la participation de la mère aux cours d'alphabétisation. Ce caractère obligatoire du programme n'entame en rien l'enthousiasme des mères, qui cherchent à acquérir des compétences et à bénéficier des prêts et crédits ou d'autres projets de développement gouvernementaux ou internationaux. Le niveau d'autonomisation acquis grâce au programme dépend des centres d'intérêt des mères, mais aussi des opportunités disponibles sur place. Le programme d'alphabétisation n'est pas une fin en soi. Il sert plutôt de tremplin pour l'autonomisation des femmes.

Objectifs du programme

Le programme vise à:

Mise en œuvre du programme : Approches et méthodes

Rôle de la communauté

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La mise en œuvre de programmes d'alphabétisation et d'éducation communautaires souffre souvent d'un manque de ressources financières, matérielles et humaines (instructeurs professionnels et/ou semi-professionnels) et, surtout, de participation et de soutien communautaires. Pour contourner ces obstacles et garantir la réussite et la pérennité du MCEP, l'EFA a érigé en priorité la participation active des communautés locales à la conception, la planification et la mise en œuvre du programme. Pour ce faire, elle a organisé les participants en groupes d'apprentissage communautaires. De même, elle a incité les leaders locaux, en particulier les chefs traditionnels et les présidents de comité de développement communautaire, à apporter leur soutien au programme en vue d'encourager la population à participer. Chefs traditionnels, comités de développement communautaire et chefs de groupe d'apprentissage aident l'EFA à élaborer le programme d'enseignement, souvent confirmé par les institutions éducatives en place. Celui-ci intègre non seulement les besoins existentiels spécifiques des communautés locales, mais aussi leurs systèmes culturels et traditions. De même, la communauté participe activement à l'élaboration de supports d'enseignement-apprentissage, souvent faits sur place. En outre, les groupes d'apprentissage sont chargés d'ouvrir des CLC, y compris des centres EPE, et de les gérer.

Pour réduire les coûts, l'EFA a recruté et chargé une cohorte d'enseignants locaux bénévoles, spécialistes de l'EPE, de l'alphabétisation des adultes et des compétences de la vie courante de dispenser le programme à leur communauté (voir photos ci-dessous). Ces professionnels sont souvent secondés par des semi-professionnels, généralement de jeunes diplômés du secondaire.

Recrutement et formation des instructeurs / animateurs

Comme indiqué plus haut, la mise en œuvre du MCEP dépend du versement de 50 USD d'honoraires à une cohorte de bénévoles professionnels et semi-professionnels. Toutefois, pour leur permettre de mener leurs tâches à bien, l'EFA leur offre une formation et un encadrement complémentaires dans les domaines suivants:

La formation complémentaire des instructeurs et des dirigeantes de groupements féminins vise non seulement à garantir la mise en œuvre efficace du programme, mais aussi à inciter le personnel à y participer (offrir volontairement leurs services et leur temps). Actuellement, chaque instructeur encadre environ 100 apprenants. Mais, il est prévu de recruter et de former d'autres animateurs afin de ramener le ratio instructeur-apprenant à 1:40. Chaque instructeur ou animateur reçoit 50 USD par mois, soit un salaire inférieur aux 100 USD habituels.

Recrutement des apprenants

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Les apprenants sont choisis en fonction de leur localité et, du fait du manque aigu de ressources en milieu rural, chaque communauté participante doit posséder une école primaire. Ce critère garantit la disponibilité de salles de classe et d'enseignants bénévoles pour la mise en œuvre initiale du programme. Avec l'appui plein et entier de la communauté, trois enseignants bénévoles suffisent pour lancer le volet alphabétisation. Puis, à mesure que le centre se développe et recrute d'autres enseignants bénévoles, les autres volets sont mis à exécution. Les familles ayant des enfants (0-6 ans) sont inscrites et l'accent est initialement mis sur le groupe le plus vulnérable de la famille : les mères et les jeunes enfants.

Méthodes et approches d'enseignement-apprentissage

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La formation est assurée par des instructeurs bénévoles au niveau des CLC (pour les groupes d'apprenants) ou à domicile (pour la formation et l'encadrement mère-enfant directs). Les instructeurs en alphabétisation des adultes et en EPE utilisent des méthodes d'enseignement-apprentissage participatives, dont l'approche PLI (Participatory Learning and Innovative Approach), adaptée à partir de celle du Centre pour l'alphabétisation familiale de l'Université du Tennessee (États-Unis) et conçue dans le cadre d'un module de l'UNESCO visant à renforcer les capacités par la formation et l'assistance technique aux enseignants bénévoles. En principe, les adultes doivent achever le curriculum principal du MCEP en un an. Toutefois, cette période est souvent prorogée pour permettre aux apprenants d'atteindre le niveau avancé d'alphabétisation fonctionnelle nécessaire pour la vie courante. Cela est particulièrement important pour les mères, car elles sont censées accompagner le développement éducatif de leurs enfants aux plans social, psychologique et financier. De même, la durée d'instruction est parfois prorogée en vue d'aider les participants à concilier apprentissage et activités de subsistance.

Le curriculum principal s'inspire des nouveaux modules d'enseignement primaire (1 à 6) du ministère fédéral de l'Éducation, préparés sous l'égide du Comité national de mise en œuvre de la politique nationale de l'éducation, avec l'appui de l'UNESCO. Ces modules, adaptés par l'EFA pour les besoins du MCEP, ont été également utilisés par le programme d'alphabétisation des adultes de l'Université d'Ibadan. Les centres utilisent les modules 1 à 3 car, en début de programme, la plupart des participants n'ont aucune éducation préalable et n'ont jamais vécu hors de leur communauté. Même ceux qui viennent d'abandonner leurs études savent à peine lire et écrire. Une attestation standardisée leur est délivrée en fin de programme. Pour la phase II (2016 – 2020), des modules plus avancés (4 – 6) seront enseignés.

Le MCEP a adapté le curriculum principal en y ajoutant des approches pratiques. Le niveau et le module d'enseignement de ces approches varient selon qu'il s'agit d'un cours pour les enseignants bénévoles ou pour une discussion interactive entre mères. Par ailleurs, les approches sont choisies en fonction du contexte local et conçues selon le niveau d'éducation, les centres d'intérêt et le milieu culturel des différentes mères. L'alphabétisation est enseignée trois jours par semaine (lundis, mardis et jeudis, de 14:00 à 18:00). Les visites à domicile, l'encadrement direct, les dialogues, le feedback et les réunions consultatives complètent l'enseignement et l'apprentissage en classe.

Le MCEP ne se contente pas de s'appuyer sur le curriculum principal pour produire de soi-disant alphabètes qui ne savent que lire et écrire. D'où, l'inclusion d'un volet pratique. Le programme veut, en effet, stimuler la créativité des participants et les amener à exploiter leurs compétences en lecture/écriture pour devenir des citoyens du monde.

Impact et défis

Suivi et évaluation

Les activités de suivi et évaluation sont indispensables pour la mise en œuvre du MCEP. En général, le suivi et, plus particulièrement, l'évaluation des performances et des résultats d'apprentissage des apprenants sont effectués périodiquement par des professionnels internes (personnel de l'EFA) et externes.

L'impact d'un programme comme le MCEP est fortement tributaire de la nature et du niveau de participation. Si les bienfaits de l'éducation ne sont plus à démontrer, les normes culturelles et structurelles n'en entravent pas moins la participation des mères dans nombre de communautés rurales du Nigeria. Un bon suivi et évaluation du programme exige la prise en compte des facteurs qui favorisent ou entravent la participation.

Processus de suivi

L'EFA effectue deux types de suivi et évaluation, notamment un processus à court terme pour des activités spécifiques et un processus à long terme pour les plans d'ordre général. Le premier met l'accent sur l'évaluation des résultats et de l'impact, et le second sur les dossiers et les évaluations, feedback et consultations. Le mentorat et les réseaux sociaux locaux constituent des composantes clés de ces processus. Le personnel enseignant et administratif local effectue les évaluations, hebdomadaires dans un premier temps, puis mensuelles par la suite. L'administration locale (chargée aussi des tâches de suivi et évaluation) est composée d'enseignants bénévoles, d'un représentant du conseil des chefs et du président du comité de développement communautaire (CDC).

Suivi et évaluation de l'équité

En termes techniques, le processus à court terme est dénommé suivi et évaluation axé sur l'équité. Outre la qualité, l'équité et l'inclusion sont également évalués. En lieu et place de l'accent habituel sur l'ampleur des réalisations du projet, le processus vérifie l'utilisation des ressources, le respect des délais d'exécution des activités, les obstacles à la mise en œuvre efficace du programme, les leçons apprises, les perspectives et d'autres questions liées aux normes éthiques relatives aux caractéristiques des bénéficiaires. Ces caractéristiques incluent le genre, les droits de l'homme, la nature et la disponibilité des outils, les facteurs environnementaux, les mentalités, les niveaux de vulnérabilité, le feedback, le dialogue, les consultations et l'encadrement direct.

Les indicateurs de l'évaluation varient selon les contextes locaux. D'où, l'approche ascendante du suivi et évaluation. Les principaux indicateurs sont la nature et l'ampleur de la participation. Par exemple, l'EFA estime que si seulement 10 % des personnes vulnérables d'une communauté participent au programme, le projet ne saurait être qualifié de franc succès en termes d'équité et de justice.

Malgré les investissements consacrés à l'éducation, les rapports mondiaux de l'UNESCO, de l'UNICEF, du PNUD et de la Banque mondiale indiquent que les programmes éducatifs du continent africain n'ont pas encore vraiment réussi à relever le défi de l'équité. Le suivi et évaluation axé sur l'équité est une approche originale qui aborde explicitement les questions d'égalité que les techniques et critères habituels de suivi et évaluation pourraient ignorer.

Impact

Le MCEP a eu un impact significatif sur le développement global de l'éducation en milieu rural:

Défis

Même si l'EFA bénéficie de l'appui de divers partenaires, la mise en œuvre complète et efficace du MCEP se heurte à un déficit aigu de ressources financières, matérielles et humaines. Au début (2005 – 2008), le programme avait le soutien total de la Direction de l'Éducation de base universelle de l'État de Rivers, qui l'équipait, et des conseils des collectivités locales, qui payaient les enseignants bénévoles.

Malheureusement, l'ancienne direction a été dissoute en 2008 par le gouvernement, et la nouvelle direction n'affiche pas le même enthousiasme. Depuis 2008, hormis l'appui technique et le matériel de l'UNESCO et des partenaires, l'EFA connaît une très forte tension pour maintenir son rythme rapide initial. Par exemple, le programme a eu du mal à attirer de nouveaux animateurs bénévoles puisque l'EFA ne peut payer qu'un salaire nettement inférieur au seuil de pauvreté. Par ailleurs, elle n'a pas été en mesure de former correctement ses bénévoles ni d'ouvrir d'autres centres dans les différents États à cause des contraintes financières. Avec des ressources financières et matérielles suffisantes, elle aurait pu couvrir l'ensemble des communautés des États de Rivers, d'Edo et de Bayelsa avant 2015. Malheureusement, le défi financier persiste.

Leçons apprises

La mise en œuvre du programme a permis de tirer des leçons importantes:

Le MCEP a été officiellement lancé en 2005, mais l'EFA intervient depuis 1999 en milieu rural où elle effectue des enquêtes initiales, offre des bourses de formation aux jeunes filles pour leur permettre de travailler dans les entreprises locales, participe aux cérémonies locales et conseille les communautés sur le sens et l'importance des élections et de la politique. Petit à petit, les communautés ont gagné en confiance et commencé à accepter que les membres de l'EFA sont sincères et font partie de leur vie rurale.

Parfois, l'EFA fait des présentations PowerPoint pour initier les participants à la vie éducative urbaine et leur montrer qu'ils sont en mesure d'utiliser la technologie et d'intégrer le monde universitaire s'ils le souhaitent. Jusqu'en 2005, chaque activité du programme s'autofinançait, et des bénévoles professionnels se sacrifiaient pour amener les communautés à croire au projet et à percevoir ce qui le différencie des programmes en cours ou de leurs expériences antérieures.

Pérennité

Si un appui extérieur fort est essentiel aux programmes éducatifs communautaires, la pérennité du MCEP repose en grande partie sur une participation et une appropriation communautaires fortes et actives. Dès le début, l'EFA a enregistré l'appui et la participation de communautés entières, animées par le principe d'autonomie. Ainsi, les membres des communautés ont apporté des contributions financières qui ont couvert le capital initial nécessaire pour mettre en œuvre le programme. De même, malgré leur salaire mensuel modique d'enseignants bénévoles, ils ont soutenu le MCEP. C'est dire que leur détermination à participer activement aux activités de développement de leur communauté et de leurs enfants constitue l'élément moteur principal du programme. L'EFA souhaite que tous les centres MCEP deviennent des organisations communautaires à part entière, au niveau local ou de l'État, en fonction de leurs forces et capacités. Ils s'inspireront les uns des autres pour évoluer sur le long terme.

Sources

Contact

Dr Justina Ahme (Directrice internationale)
ou
M. Promise Omachi (Coordinateur du projet)
The Ecumenical Foundation for Africa (EFA)
P. O/ Box 4565 T/Amadi
D/Line, Port-Harcourt
River State
Nigéria
Tél : +234 (0) 802 825 4852 ou +234(0) 809 993 4007
E-mail: e_e_ahme@yahoo.com