Proyecto de Educación Básica de Jóvenes y Adultos (Projet d'éducation de base des jeunes et des adultes)

Profil de pays: Équateur

Population

15 061 000 (2013)

Langue officielle

Espagnol

Autre langues

Quechua, shuar et 11 autres langues autochtones

Pauvreté (Population vivant avec moins de 1 dollar par jour, %)

10,6 % (2012)

Taux net d’admission dans l’enseignement primaire (TNA total)

Total : 95,2% (2012)
Hommes : 94,4%
Femmes : 95,9%

Taux d’alphabétisme des jeunes (15 – 24 ans)

Total : 98,7% (2011)
Hommes : 98,6%
Femmes : 98,8%

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus)

Total : 91,6%
Hommes : 93,1%
Femmes : 90,2%

Sources statistiques

Présentation générale du programme

Titre du programmeProyecto de Educación Básica de Jóvenes y Adultos (Projet d'éducation de base des jeunes et des adultes)
Organisation chargée de la mise en œuvreMinistère de l'Éducation
Langues d’enseignementEspagnol, quechua et shuar
Partenaires de financementGouvernement
PartenairesMinistère de la Santé publique, ministère du Développement social, Sécurité sociale, ministère de l'Insertion sociale et économique, cabinet du vice-président de l'Équateur, ministère de la Justice (droits de l'homme et du culte), organisations non gouvernementales et collectivité locale
Coûts annuels du programme34 751 452 $
(Coût annuel par apprenant : 223 $)
Date de création2011

Historique et contexte

La population de l'Équateur se caractérise par sa diversité culturelle et ethnique. Les groupes minoritaires sont composés de 14 communautés autochtones, parmi lesquelles les Quechua, les Achuar et les Shuar, qui vivent principalement dans les régions andine et amazonienne du pays. Les Afro-équatoriens constituent un autre groupe minoritaire localisé en grande partie dans la région côtière du Pacifique (Groupement pour les droits des minorités, 2008). Alors que le recensement national de 2010 fixe la population autochtone à 7 %, des organisations des peuples autochtones telles que la Confédération équatorienne des peuples autochtones estiment que ce chiffre avoisine les 40 % (INEC, 2010). L'Équateur abrite également la plus grande population de réfugiés d'Amérique latine. En 2013, le Haut-Commissariat des Nations Unies en a recensé 123 051, dont 122 276 originaires de la Colombie (HCR, 2014).

La Constitution de 2008 reconnait l'Équateur comme une nation pluriethnique et garantit les droits des peuples autochtones et des Afro-équatoriens, notamment leur droit à l'éducation bilingue et au patrimoine culturel. Cependant, les faits montrent que ces droits ne sont pas respectés dans la plupart des cas. En 2001, un tiers de la population autochtone était analphabète, contre 4,8 % chez les Blancs (Groupement pour les droits des minorités, 2008).

Ce taux d'analphabétisme élevé est l'un des défis majeurs que le pays doit relever à côté de l'extrême pauvreté, du nombre insignifiant d'écoles en milieu rural, de l'insuffisance des enseignants, du taux d'abandon scolaire élevé au cycle élémentaire, du manque de soutien des parents et du manque de motivation des apprenants des programmes d'alphabétisation.

C'est dans ce contexte que le programme Proyecto de Educación Básica de Jóvenes y Adultos – Éducation de base des jeunes et des adultes, EBJA – aide l'Équateur à s'acquitter de son obligation d'offrir une éducation de qualité à tous ses citoyens sans distinction d'origine ethnique ou culturelle.

Il est important de souligner que le programme EBJA intervient dans le cadre global de la restructuration du secteur public équatorien. Depuis 2006, le ministère de l'Éducation et d'autres entités du secteur public ont adopté une nouvelle structure administrative qui décentralise davantage l'administration de l'éducation. Cela s'est traduit par la division du territoire équatorien en zones, provinces et cantons pour doter les communautés de services éducatifs adaptés à leurs besoins. Depuis 2012, le ministère de l'Éducation a été impliqué dans la mise en œuvre d'environ 140 conseils locaux et 1 200 services éducatifs au niveau national.

Présentation du programme

Le programme EBJA, mis sur pied en 2011 par le ministère de l'Éducation équatorien, a pour ambition d'offrir des cours d'alphabétisation continus aux analphabètes en utilisant des méthodes adaptées à la diversité culturelle et linguistique du pays. Il vise principalement à lutter contre l'analphabétisme et à favoriser l'éducation continue des adultes. L'objectif est de garantir l'accès à une éducation de qualité pour les populations victimes d'inégalité, d'exclusion et de discrimination. Les principaux groupes ciblés sont le peuple montubio (métis autochtones vivant sur le littoral) ainsi que les populations autochtones et afro-équatoriennes des régions isolées et souvent dépourvues d'accès aux services éducatifs.

Afin de garantir l'équité dans l'accès aux services éducatifs, le pays a adopté un nouveau mode de gestion et de planification du territoire depuis 2012. Le territoire est subdivisé en neuf zones, 140 districts scolaires et 1 117 parcours éducatifs. Le programme joue un rôle directeur dans chaque district scolaire et intervient dans les neuf zones, 24 provinces et 112 cantons en dispensant des cours d'alphabétisation de base d'une durée de six mois. Les apprenants bénéficient d'un cours prenant en charge leurs besoins spécifiques en termes de langue maternelle, de niveau d'alphabétisme et de condition physique. En général, ils sont répartis en groupes de 25 à 30 personnes et encadrés par un enseignant formé à l'éducation de base pour jeunes et adultes.

Aligné sur les objectifs du Plan national équatorien pour le bien-être de 2009–2013 et de 2013–2017, le programme s'efforce de développer, d'ici à 2017, le niveau d'alphabétisation de 30 000 autochtones, de 15 000 membres du peuple montubio et de 120 000 personnes âgées de 50 ans ou plus.

Pour réaliser ces objectifs, il convient de doter le programme des ressources humaines, financières et matérielles lui permettant d'établir des accords de partenariat avec les organisations gouvernementales et non gouvernementales afin d'assurer la formation continue des ressources humaines et son suivi et évaluation permanents.

Deux accords de coopération interinstitutionnels, signés entre Cuba et le ministère de l'Éducation en 2011 et en 2013, ont permis de faire face à des problèmes spécifiques tels que l'éducation des jeunes et des adultes tout en favorisant la culture de la paix dans la région Cette coopération a produit une recherche sociale permanente visant à créer des solutions novatrices au profit des groupes prioritaires tels que les enfants, les adultes, les jeunes, les minorités ethniques et les personnes handicapées. Elle a également vu la participation du ministère cubain de l'Éducation, qui a servi de conseiller technique du projet en se fondant sur la méthodologie du programme d'alphabétisation Yo, si puedo (Oui, je peux). Cinquante-deux conseillers cubains ont été disséminés à travers le pays afin de coordonner les activités d'alphabétisation sur le terrain. Pendant la mise en œuvre des services de conseil, les coordinateurs cubains ont assuré la formation continue du personnel du programme EBJA.

Le programme a conclu des accords avec le ministère du Développement social, afin de faciliter l'accès à la base de données de la Sécurité sociale, ainsi qu'avec le ministère cubain de l'Éducation, qui l'a aidé à appliquer la méthode Yo, si puedo. Par ailleurs, le ministère de la Santé et le vice-président de l'Équateur ont apporté une assistance importante aux participants sous forme de consultations médicales pour les malvoyants, les malentendants et les personnes âgées. Ces efforts visent à impliquer la population analphabète dans l'entrepreneuriat et les activités génératrices de revenus et à améliorer, de ce fait, leurs conditions de vie.

Buts et objectifs

Le programme vise les objectifs suivants :

Mise en œuvre du programme

Recrutement et formation des animateurs

Les animateurs travaillent sous contrat à temps plein et sont rémunérés en fonction de leurs aptitudes professionnelles. Généralement, un enseignant du programme EBJA qui encadre 30 apprenants en moyenne est payé 530 dollars par mois. En outre, le projet a créé plusieurs postes d'« enseignants territoriaux » chargés de superviser le travail des animateurs sur le terrain et rémunérés à hauteur de 585 dollars par mois. Ces enseignants (ou techniciens) territoriaux assurent le soutien technique et pédagogique des animateurs, scellent des partenariats avec les autorités locales, coordonnent et dirigent des rencontres avec le corps enseignant portant sur le processus enseignement-apprentissage, produisent des rapports d'activités mensuels destinés au ministère de l'Éducation et enregistrent les données dans le système informatique du programme EBJA.

À ce jour, le programme EBJA a recruté 40 983 enseignants pour apprenants jeunes et adultes et 330 coordonnateurs territoriaux.

Le projet organise également un programme de formation des animateurs qui se déroule à trois niveaux. D'abord, une session de formation intensive et systématique est co-organisée par l'équipe équatorienne et les coordonateurs cubains. Ensuite, l'équipe équatorienne et les 52 conseillers cubains assurent la formation des coordonnateurs au niveau provincial dans les 140 districts scolaires, en espagnol et en langue maternelle. Enfin, les coordonnateurs du projet EBJA et les conseillers cubains tiennent ensemble, au niveau local, des sessions de formation à l'intention des techniciens territoriaux et des enseignants.

Recrutement des apprenants

Les principaux groupes cibles du programme sont les adultes, les jeunes déscolarisés, les femmes et les jeunes filles, les peuples autochtones et les groupes minoritaires. L'ensemble des cours dispensés cible la population analphabète et vise à améliorer les compétences de base en lecture, écriture et calcul. Toutefois, les enseignants organisent une évaluation diagnostique lors du processus d'inscription afin d'orienter les participants vers les cours adaptés à leurs besoins spécifiques, mais aussi vers les centres EBJA situés à proximité de leur lieu de résidence.

En général, les participants sont orientés en fonction de leur profil linguistique d'entrée. Le programme répartit les apprenants en trois groupes, essentiellement sur la base du niveau d'alphabétisme initial :

  1. Participants n'ayant jamais été scolarisés ;
  2. Participants scolarisés pendant quelque temps, mais dont l'apprentissage est devenu obsolète ;
  3. Participants porteurs d’un handicap auditif, visuel ou physique.

Les apprenants sont recrutés sur la base des données statistiques et démographiques fournies par l'Institut national de la statistique et du recensement de l'Équateur et sur la base des informations démographiques des zones rurales caractérisées par l'extrême pauvreté, issues du Registre interconnecté des programmes sociaux.

Les enseignants effectuent des visites à domicile pour déterminer qui a droit au programme.

Les noms des participants retenus à l'issue d'un entretien sont communiqués au ministère du Développement social, qui a la compétence d'offrir des services sociaux supplémentaires, tels que les soins de santé et le logement, et de mettre en œuvre des projets de production agricole.

Enseignement et apprentissage : approches et méthodes

L'ensemble des cours dispensés par le programme EBJA respectent les principes de l'apprentissage des adultes. Toutefois, ils s'organisent différemment en fonction de la méthodologie d'enseignement appliquée. Par exemple, le cours destiné aux hispanophones applique l'approche cubaine Yo, sí puedo. Cette méthodologie repose sur un ensemble de 65 cours vidéo conçus pour garantir une interaction permanente entre apprenants et animateurs.

Pour les hispanophones handicapés, incarcérés ou vivant le long de la frontière du pays, la méthode équatorienne Manuela Sáenz est utilisée. Cette approche inclut l'usage du Braille. Le cours destiné aux autochtones bilingues applique la méthode équatorienne Dolores Cacuango, qui s'inspire du Weltanschauung ou philosophie de la vie autochtone.

Chacune de ces trois méthodes se distingue par ses propres caractéristiques :

Manuela Sáenz

Cette méthodologie est appliquée dans les régions les plus reculées du pays. Les modules du cours s'appuient sur une approche fondée sur les droits de l'homme, dans un environnement pédagogique qui rappelle le cadre d'apprentissage et les traditions sociales et culturelles des communautés concernées. Le cours comprend également un module pour le développement des compétences en lecture, en écriture et en calcul. La structure d'apprentissage est basée sur une méthodologie syllabique facile à comprendre pour les apprenants.

Dolores Cacuango

Le contenu vise à renforcer l'identité interculturelle en utilisant une méthodologie de réflexion et de critique traduisant l'expérience et la vision du monde des peuples autochtones dans le but de créer des processus d'enseignement-apprentissage pour jeunes et adultes, y compris l'approche linguistique pour l'apprentissage de l'espagnol.

Yo, si puedo

Cette approche utilise la vidéo comme ressource pédagogique et comme un moyen d'amorcer le débat entre les participants et les enseignants. Elle a pour but de développer l'esprit critique et la capacité des apprenants à générer des idées et des opinions relatives à leur vie et à leur communauté. Cette méthode cubaine est appliquée dans d'autres pays d'Amérique latine et d'Afrique.

Les méthodes et les supports utilisés favorisent l'estime de soi et motivent les participants à persévérer. Il est important de souligner que ces outils pédagogiques sont orientés vers les besoins des hispanophones et des bilingues. Cela se reflète par exemple dans l'usage des langues autochtones ; ce qui renforce le respect des différences culturelles tel que garanti par la Constitution équatorienne. Des brochures abordant des questions liées à la formation, aux mathématiques et à la nutrition ont été également produites pour compléter la méthode cubaine.

L'organisation non gouvernementale locale, Desarrollo y Autogestion, soutient le programme EBJA en offrant une assistance pédagogique, matérielle et technique.

Contenu du programme

Le programme EBJA vise à doter les apprenants des aptitudes nécessaires pour :

Le contenu du curriculum reflète les besoins, les centres d'intérêt et les motivations des apprenants d'un pays qui, faut-il le rappeler, se caractérise par sa diversité culturelle et sociale. Pour les populations bilingues, les principaux centres d'intérêt sont approuvés par la communauté et portent sur la santé, la nutrition, la famille, les sujets liés au genre, la participation communautaire, le développement social et les questions interculturelles. En outre, le programme EBJA met l'accent sur l'acquisition de valeurs, la connaissance des droits humains, la citoyenneté et les aptitudes de la vie courante.

Le projet EBJA s'efforce surtout d'inclure les femmes analphabètes, comme le veut la stratégie gouvernementale visant à combattre la malnutrition chez les enfants âgés de zéro à cinq ans. Cette stratégie, pilotée par le ministère du Développement social, en coordination avec le ministère de l'Éducation, vise à intégrer les questions de nutrition au cours d'alphabétisation afin d'apprendre aux mères issues des communautés rurales l'utilisation des produits traditionnels andins de haute qualité nutritionnelle pour assurer une bonne alimentation à leurs enfants et leurs familles.

Suivi et évaluation

Le suivi est assuré de façon continue afin de vérifier le respect, par les enseignants et les techniciens, des consignes du programme EBJA. En outre, le personnel est soumis à des évaluations de ses performances, et les participants à des contrôles de connaissances. L'évaluation formelle des enseignants a lieu deux fois par année afin de s'assurer qu'ils s'acquittent correctement de leurs tâches et peuvent continuer à encadrer les participants.

En partenariat avec le ministère du Développement social, l'équipe du programme EBJA a développé un système informatique permettant de suivre, d'évaluer et de gérer les principales activités du projet. En plus d'aider à faire appliquer le plan d'activités annuel, ce système constitue un outil efficace permettant de traiter les données statistiques et de vérifier l'ensemble du processus.

Le personnel du programme EBJA effectue deux fois par an des visites dans les centres d'apprentissage lors de la phase de mise en œuvre. Celles-ci permettent de s'assurer que les participants suivent régulièrement les cours et que chaque centre dispose des ressources matérielles nécessaires pour assurer un processus enseignement-apprentissage approprié. En outre, chaque enseignant est tenu de remplir un registre de présence des apprenants. Cette information est utile dans la mesure où elle permet de déceler les éventuels cas d'abandon parmi les participants. Dans ces cas, l'enseignant est tenu d'apporter une assistance pédagogique permettant de maintenir les apprenants. Les techniciens territoriaux vérifient ce registre de présence lors de leurs visites de suivi dans chaque centre.

Les visites de terrain constituent les principaux moyens de suivre et d'évaluer des processus tels que l'inscription des participants, l'ouverture des centres éducatifs, la discipline budgétaire, la formation, les méthodes d'enseignement, les progrès des participants, la fourniture de supports didactiques et le recrutement.

Les données collectées lors de chacune des trois phases du projet d'alphabétisation entre 2011 et 2013 ont permis l'amélioration constantes des processus de mise en œuvre.

Les coordonnateurs du programme EBJA présentent des rapports d'évaluation mensuelle en espagnol et dans les deux langues afin de partager des informations relatives à l'exécution du budget et au progrès académique des participants. Le projet produit également deux rapports d'évaluation finale à l'issue des deux premières phases éducatives. Ces rapports se focalisent sur l'impact social et la gestion du projet, ainsi que sur les progrès des apprenants.

Par ailleurs, des enquêtes et des entretiens ont été menés avec des acteurs clés (participants, familles et communautés) dans le but d'évaluer l'impact des cours d'alphabétisation sur la vie des participants ainsi que sur celle de leurs familles et de leurs communautés.

Le projet EBJA a également mis en place des bureaux communautaires chargés de superviser les activités et d'offrir une assistance personnalisée aux femmes, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et aux groupes ethniques minoritaires. Ces bureaux s'assurent également que les enseignants veillent à répondre pleinement aux attentes de la communauté en matière d'éducation. Tout cela a joué un rôle crucial dans la pérennité du projet et a donné des résultats tangibles aux communautés, ce qui motive davantage les participants à poursuivre leurs études.

Impact du programme

Jusqu'en 2013, 324 894 personnes ont achevé le programme EBJA au niveau national. Parmi ce groupe, 229 740 personnes étaient des femmes, dont 137 096 issues des zones rurales et autochtones pour la plupart. Durant cette période, le nombre de participants âgés de 65 ans ou plus s'élevait à 76 031, soit 23 % du nombre total.

Beaucoup de sortants du projet EBJA décident de poursuivre leurs études. Le système informatique du projet (voir la section Suivi et évaluation) enregistre les progrès des apprenants, qui sont ensuite validés par le ministère de l'Éducation. En outre, chaque participant inscrit ayant achevé le cours avec succès reçoit un certificat signé par les autorités compétentes du ministère de l'Éducation. Ce certificat leur donne le droit de poursuivre leurs études dans des institutions pour apprenants adultes et de s'inscrire, par exemple, à des cours d'alphabétisation avancés ou en Licence dans les filières scientifiques ou techniques.

Image

Quelque 5 250 centres pour l'éducation des jeunes et adultes ont été ouverts chaque semestre dans les localités du pays caractérisées par une dispersion de la population, la pauvreté, le manque de services de base et la marginalisation des peuples autochtones et bilingues. Ces centres sont également créés dans des zones où les femmes n'ont qu'un accès limité à l'éducation de base.

Défis et leçons apprises

Un des défis pour le programme EBJA est lié à l'importance du budget requis pour intervenir au niveau national. La proximité des centres d'apprentissage locaux constitue également un défi majeur. Naturellement, le transport dans les zones difficiles d'accès telles que les régions andine et amazonienne constitue un problème. L'emplacement des centres d'apprentissage en zone urbaine constitue également un défi puisqu'il devient de plus en plus difficile d'enrôler certains groupes d'adultes vivant dans des zones extrêmement éloignées que les enseignants n'arrivent à localiser qu'à l'aide de plans cartographiques.

Par ailleurs, le remplacement des structures traditionnelles au sein des bureaux de l'éducation provinciale par de nouvelles structures appartenant à l'administration territoriale équatorienne a compliqué la mise en œuvre du programme et le processus d'apprentissage, en particulier en ce qui concerne la décentralisation des ressources financières du projet.

Le maintien des participants, surtout les apprenants âgés, dans le processus d'apprentissage reste un défi constant. Les abandons sont liés à plusieurs facteurs, notamment les problèmes de santé, la migration vers une autre partie du pays, voire les problèmes de discrimination à l'égard des femmes. Malheureusement, il n'existe pas de mécanismes de suivi permettant de savoir ce qu'il est advenu de ces personnes.

Un autre défi concerne la coordination avec les bureaux bilingues pour s'assurer que les territoires autochtones tirent profit de la méthodologie Dolores Cacuango. Entre 2011 et 2013, chaque province avait des bureaux pour l'éducation bilingue. Leur rôle consistait à suivre le développement de l'alphabétisation en langues quechua et shuar. À ce titre, ils devaient organiser des évènements et une formation qui n'étaient pas inclus dans les autres méthodologies. Naturellement, cela nécessitait des ressources supplémentaires.

Pérennité

L'un des principaux moyens pour le programme EBJA de pérenniser son action consiste à préserver l'intérêt de la population analphabète dans le cadre du processus d'apprentissage. C'est pourquoi il applique trois méthodologies pour optimiser ses chances de répondre aux divers besoins de la population ciblée, et par la même occasion, de renforcer sa motivation.

Le programme EBJA contribue à la réduction des inégalités sociales, ethniques et culturelles en améliorant le niveau d'études des peuples qui ont du mal à s'alphabétiser. Chaque participant en ressort avec une meilleure estime de soi et une meilleure relation avec sa famille et sa communauté. En retour, cela renforce les opportunités des participants de s'engager dans les activités productrices générées au niveau local par des institutions publiques ou des entités privées, leur permettant d'améliorer leur niveau de vie. Le programme comporte également un avantage intergénérationnel car les participants peuvent encourager leurs enfants et petits-enfants à achever leur éducation de base.

En outre, entre 2011 et 2013, 44 021 personnes issues des communautés autochtones de l'Équateur ont été alphabétisées en langue maternelle. Cela favorise la promotion de l'identité culturelle et des droits ancestraux de ces populations et leur permet de préserver leurs revenus généralement tirés de leurs activités d'agriculture et d'élevage ou du tourisme. Toutes ces retombées ont encouragé le gouvernement équatorien à poursuivre son soutien financier aux programmes d'alphabétisation de base.

Sources

Contact

Elsa Pezo Ortiz
Directrice nationale de l'éducation des personnes déscolarisées
Av Amazonas N34-451 et Atahualpa
Quito, Équateur
Téléphone : 593-3961-381
E-mail : elsa.pezo@educacion.gob.ec
Site web : http://www.educacion.gob.ec