Action scolaire d'appoint pour les Malgaches adolescents

Profil de pays: Madagascar

Population

20 042 551 (2008)

Pauvreté (Population vivant avec moins de 1 dollar par jour, %):

61,0% (1990-2004)

Langue officielle

Malgache, Anglais, Français

Dépenses publiques totales d’éducation en % du PNB

3,2

Taux net d’admission dans l’enseignement primaire (TNA total, %)

71% (2005)

Taux d’alphabétisme total des jeunes (15 – 24 ans)

70% (1995-2004)

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 1995-2004)
  • Total : 71%
  • Hommes : 65%
  • Femmes : 77%
Sources

Présentation générale du programme

Titre du programmeAction scolaire d'appoint pour les Malgaches adolescents
Organisation chargée de la mise en œuvrePlateforme des associations en charge de l'ASAMA et du post-ASAMA (PACA)
Langues d’enseignementMalgache
Partenaires de financementPour l'année 2015, le programme est cofinancé par divers bailleurs nationaux et internationaux : DEPA, UNESCO, BFV Société Générale, Rotary Club Antananarive, Distributeurs CDA et HARDI, Lady’s Circle et Foyer philosophique Les Démophiles France.
PartenairesLe programme ASAMA a noué des partenariats avec diverses organisations nationales et internationales : Division de l'éducation préscolaire et de l'alphabétisation (DEPA), ministère de l'Éducation nationale, FFF Malagasy Mahomby, Taksvärkki Finland, Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), UNICEF, UNESCO, Rotary Club Mahamasina, BFV Société Générale, QMM Sherritt-Ambatovy, Les Démophiles, Les Salésiens Don Bosco, Programme alimentaire mondial et Réseau éducation pour tous en Afrique (REPTA).
Coûts annuels du programme5.000 € (2015). Cette estimation équivaut au coût maximal encouru par chaque centre et concerne les trois niveaux : pré-ASAMA, ASAMA et post-ASAMA. La plupart des centres ASAMA n'offrent pas le niveau post-ASAMA. Coût annuel par apprenant : pre-ASAMA : 12 € ; ASAMA : 80 € ; post-ASAMA : 108 € (2015)
Date de création2000

Contexte national

Ile de l'Océan indien, Madagascar est un pays à revenu faible, classé 155ème sur 187 pays à l'Indice de développement humain 2014 des Nations Unies. Selon la Banque mondiale (2015), il n'atteindra pas les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à l'échéance 2015. Les taux de scolarisation et d'achèvement de l'éducation primaire font parmi des cibles qui ne seront pas atteintes.

D'après les données rapportées par la Banque mondiale, la pauvreté n'a pas toujours été un problème dans le pays. En 1971, son produit intérieur brut (PIB) par habitant culminait à 501,16 dollars, avant de baisser de façon notable au fil du temps et de tomber à 270,69 dollars en 2014. Plus de trois quarts (75,3 %) des Malgaches vivent dans la pauvreté, avec moins de 1,25 dollar par jour (Banque mondiale, 2014). L'éradication de la pauvreté constitue un autre OMD qui ne sera pas atteint.

Madagascar a traversé diverses crises politiques, qui ont eu un effet défavorable sur son développement. Toutefois, avec l'élection d'un nouveau président en 2014, les partenaires internationaux, qui n'avaient pas reconnu le gouvernement précédent, ont normalisé leurs relations avec le pays.

D'après l'UNESCO (UIS, 2009), Madagascar éprouve également des difficultés à améliorer ses taux d'alphabétisme, situés respectivement à 64,5 et 64,9 % pour les adultes et les jeunes. Face à cette situation, des organisations de la société civile et d'autres groupes ont créé la Plateforme des associations en charge de l'ASAMA et du post-ASAMA (PACA) pour soutenir le volet alphabétisation du programme Appui à la promotion de l'éducation pour tous.

Présentation du programme

En 2001, le PNUD et le ministère malgache de l'Éducation nationale et de la recherche scientifique ont initié le programme conjoint Appui à la promotion de l'éducation pour tous, dans le but d'améliorer l'accessibilité de l'éducation de base et les contextes et conditions d'apprentissage.

Le programme Appui à la promotion de l'éducation pour tous comporte trois volets : Alphabétisation fonctionnelle intensive pour le développement (AFI-D), Formation technique et professionnelle de base (FTPB) et Action scolaire d'appoint pour les Malgaches adolescents (ASAMA).

Les volets du programme ASAMA ont été conçus en collaboration avec FFF Malagasy Mahomby, une association spécialisée dans l'alphabétisation des adultes, et l'Université de Fianarantsoa. Il en a résulté l'élaboration d'une méthode intensive d'apprentissage, destinée à favoriser le retour des jeunes adolescents peu alphabétisés à l'école élémentaire.

En 2002, après évaluation de la faisabilité du programme par FFF Malagasy Mahomby, une classe appliquant la méthode ASAMA a été ouverte pour les jeunes adolescents à Fianarantsoa. Dix mois plus tard, vingt candidats se sont inscrits pour l'examen du Certificat d'études primaires élémentaires (CEPE), que dix ont obtenu. La région venait d'améliorer ses résultats au CEPE. Ainsi, la méthode ASAMA a été étendue à d'autres classes à compter de l'année scolaire 2003-04.

En 2003, la méthode ASAMA a été révisée et améliorée pour son application hors de Fianarantsoa, mais aussi pour cibler les enfants de plus de onze ans. La diffusion de l'état d'avancement du projet était prise en charge dans le cadre du programme de développement de l'Éducation pour tous (EPT) et d'un projet pilote mis en œuvre par l'UNESCO.

En 2009, le programme conjoint a pris fin à cause de la crise constitutionnelle malgache. Toutefois, des organisations non gouvernementales (ONG) ont décidé de relancer la PACA pour aider le gouvernement et le ministère de l'Éducation à relever les niveaux d'alphabétisme et le taux de scolarisation au primaire. La PACA a continu de mettre en œuvre les différents niveaux du programme ASAMA : pré-ASAMA (y compris Ambohitsoratra et la numératie de base), ASAMA et post-ASAMA.

L'ASAMA a pour slogan « J'étudie pour lutter contre la pauvreté » (Hianatra aho handreseko ny mba fahantrana en malgache). Le programme identifie la pauvreté à la fois comme cause et conséquence des différents défis de la communauté malgache en termes de droits humains fondamentaux, d'accès à un emploi décent, d'obtention d'un salaire juste, d'opportunités sociales et économiques, d'accès à l'information, d'influence sur le gouvernement, de liberté de mouvement et de commerce équitable.

Buts et objectifs

Le programme ASAMA a deux objectifs généraux, déclinés chacun en quatre objectifs spécifiques.

1. Préparer les jeunes à mener une vie active décente, reposant sur une activité financière stable 2. Préparer les jeunes à aider leurs communautés respectives à créer un environnement durable et sûr
a) S'assurer que les apprenants de l'ASAMA réussissent au CEPE et que les élèves (11 à 14 ans) réintègrent l'école secondaire pour bénéficier de l'enseignement général. a) Aider les jeunes apprenants de l'ASAMA à suivre des projets à vie qui rattachent leurs projets professionnels au développement durable au niveau local.
b) S'assurer que le projet professionnel élaboré au niveau post-ASAMA reflète les besoins du marché de l'emploi. b) S'assurer que les jeunes apprenants de l'ASAMA sont formés en sécurité alimentaire et en sécurité et sûreté.
c) Offrir à tous les jeunes apprenants de l'ASAMA le meilleur accès à la formation et à l'enseignement professionnel, en créant un système qui garantit aussi une formation technique en adéquation avec les besoins du secteur privé de la région. c) Préparer les apprenants du post-ASAMA à devenir des citoyens responsables et des leaders sociaux attachés à la préservation de leur communauté et de leurs ressources non renouvelables et à l'exploitation durable des ressources renouvelables.
d) Approcher les entreprises et les services de l'emploi public et privé pour donner orientation professionnelle, conseils et informations récentes sur le marché de l'emploi afin d'aider les jeunes à chercher, trouver et conserver un emploi. d) Préparer les jeunes à vivre en communauté, en respectant l'égalité des sexes et en favorisant l'autonomisation des femmes.

Mise en œuvre du programme

La plateforme nationale PACA se compose de soixante-six organisations de la société civile malgaches. Membre de la PACA, et mise en œuvre par elle, l'ASAMA doit non seulement respecter les conditions d'adhésion à la plateforme, mais aussi satisfaire aux exigences logistiques en termes de locaux, de mobilier scolaire, d'équipements et de nécessité d'avoir un animateur local.

La mise en œuvre du programme ASAMA exige, de la part des organisateurs, le respect préalable des critères suivants :

Le programme ASAMA comporte trois niveaux (pré-ASAMA, ASAMA et post-ASAMA), qui diffèrent en termes de groupes cibles, de durée et d'objectifs.

Le niveau pré-ASAMA allie Ambohitsoratra, une méthode spéciale d'apprentissage de la lecture et de l'écriture en malgache fondée sur des techniques participatives et ludiques, à la numératie et aux compétences de base. Premier niveau du programme, il cible les jeunes analphabètes, non scolarisés ou prématurément déscolarisés. Il dure deux mois (en quarante sessions de deux heures) et repose sur une méthode intensive d'apprentissage de la lecture en malgache, fondée sur une histoire passionnante. La méthode Ambohitsoratra est conçue pour des enfants non scolarisés de huit à dix ans. Une fois qu'ils ont achevé ce programme, ils réintègrent le système éducatif primaire public, en 2ème année.

Le deuxième niveau, ASAMA, dure 10 mois et cible les enfants de plus de 11 ans prématurément déscolarisés ou les apprenants du niveau Ambohitsoratra. Il s'agit d'enfants issus de familles pauvres ou vivant dans des zones dépourvues d'écoles primaires. Ce niveau les dote des connaissances de base et les prépare pour le premier examen officiel du primaire, sanctionné par le CEPE. Cette préparation est nécessaire pour aider les enfants à réussir l'examen d'entrée et à passer au cycle secondaire. Les jeunes candidats à l'examen peuvent se présenter au CEPE ou à l'entrée en 6ème année alors que les plus âgés peuvent uniquement se présenter au CEPE à cause des limites d'âge du cycle secondaire.

Le troisième niveau, post-ASAMA, offre trois options :

  1. Les adolescents qui obtiennent le CEPE et passent en 6éme année sont admis à l'école secondaire.
  2. Les jeunes apprenants, qu'ils aient obtenu le certificat ou pas, peuvent retourner à l'école primaire, en 5ème année.
  3. Les apprenants que la limite d'âge empêcher d'entrer au Collège d'enseignement général peuvent s'inscrire en formation technique et professionnelle. Celle-ci dure six mois. Tous les cours incluent des séminaires et des ateliers sur neuf thèmes : connaissance du secteur, connaissance des jeunes, connaissance de l'environnement institutionnel, initiation à l'économie, identification de projets, organisation et évaluation de projets, prêts et gestion, techniques de marketing et innovation technologique.

Ce niveau tient compte des besoins en ressources matérielles des centres et des apprenants : équipement, outils, frais de voyage et demi-pension pour les stagiaires, microcrédit ou mesures incitatives de promotion de l'initiative privée, infrastructures et environnement géographique, social et économique. Les supports sont fournis, et dans certains cas achetés, par le centre ASAMA. Après formation et suivi, les apprenants bénéficient d'un volet additionnel, avec possibilité de stage en entreprise ou d'auto-emploi. Le suivi et le stage sont destinés à donner aux apprenants l'occasion de mettre leurs connaissances en pratique.

Méthodes d'enseignement et d'apprentissage

Chaque classe accueille 25 à 30 étudiants. Autorités locales, parents des bénéficiaires et autorités académiques locales travaillent ensemble pour identifier les apprenants et leurs besoins respectifs. L'approche et les contenus et supports d'enseignement-apprentissage fournis varient selon les objectifs pédagogiques de chacun des trois niveaux.

Le malgache est la langue d'enseignement des trois niveaux du programme ASAMA. Cependant, en cours de leçon, l'éducateur/animateur utilise aussi le dialecte régional (langue maternelle) pour enseigner le malgache, langue officielle d'enseignement de toutes les matières, sauf le français. De plus, les sujets d'examen du CEPE sont parfois donnés en langue régionale.

Contenu du programme

Les cours ASAMA couvrent différentes matières. Au niveau pré-ASAMA, les étudiants apprennent la lecture, l'écriture et la numératie. Ils commencent à acquérir les compétences essentielles, que le programme regroupe en trois catégories : savoir-être (bonnes manières, civilité et vivre ensemble), savoir-savoir (compétences cognitives de base) et savoir-faire (compétences transférables).

Au niveau ASAMA, les apprenants étudient la géographie, l'histoire, le français, le malgache, l'arithmétique, l'éducation physique, les sciences naturelles, l'art et l'éducation civique. Hormis le français, toutes ces matières sont enseignées en malgache. Dans tous les cours, les étudiants s'efforcent d'acquérir diverses compétences : s'exprimer avec des idées claires et organisées, lire et comprendre des textes courts, écrire lisiblement et distinguer les idées principales d'un texte. Le cours de français porte sur des matières comme la distinction des voyelles, le vocabulaire, la grammaire, la lecture et la compréhension de textes courts et l'écriture de phrases lisibles. Pendant la leçon d'arithmétique (enseignée en malgache), les étudiants apprennent des opérations simples, les nombres décimaux, les multiples de nombres simples, les fractions et comment utiliser les unités de mesure. Le programme enseigne, en dix mois, les matières et le contenu normalement acquis à l'école primaire.

Au niveau post-ASAMA, les étudiants apprennent des compétences de la vie courante et reçoivent une formation technique sous forme de stage dans une entreprise locale ou lancent leur propre activité économique.

Il est important de noter que le contenu change en fonction du niveau.

Supports et méthodes d'enseignement

La méthode intensive d'apprentissage de la lecture du malgache et du français au niveau pré-ASAMA repose sur des techniques participatives, fondées sur une histoire, avec jeux et activités diverses. Les animateurs se servent des supports suivants : un coffret de contes Ambohitsoratra, des supports audio, du matériel pour créer des activités, des écritoires, des cahiers de coloriage pour graver les formes dans l'esprit et des livres de lecture. La méthode Ambohitsoratra s'appuie sur l'amour naturel des enfants pour le jeu. Elle crée un conte qui a pour cadre le village imaginaire d'Ambohitsoratra (village des mots), dont les habitants sont les lettres de l'alphabet. Les relations qui lient les villageois créent des mots. Le conte est raconté aux enfants qui, en le répétant, mémorisent les lettres. C'est une méthode intensive d'apprentissage déroulée sur une période de 12 mois, avec six heures de cours par jour au pré-ASAMA et sept au niveau ASAMA.

Au niveau ASAMA, une méthode d'apprentissage avec modèle de formation de base intensive est utilisée. Les animateurs ont accès à des supports d'enseignement (en malgache) conçus par des experts nationaux en alphabétisation, et les apprenants reçoivent l'ensemble des supports mentionnés plus haut. Un déjeuner scolaire est servi afin de favoriser l'assiduité des apprenants. Le programme inclut d'autres volets, tels que les visites de centres culturels et sociaux.

Enfin, au niveau post-ASAMA, les étudiants suivent une formation technique en fonction des compétences qui les intéressent (couture, agriculture, élevage, ferronnerie, mécanique, etc.). Cette formation est proposée par le centre en même temps que des séminaires et ateliers, qui promeuvent la citoyenneté responsable et le développement durable. Trois concepts guident l'enseignement de ce contenu par ASAMA : savoir, savoir-être et savoir-faire.

Le savoir essentiel que le programme cherche à inculquer concerne l'égalité, la paix, les droits de l'homme, le développement, l'environnement et la compréhension internationale. Le savoir-être concerne des attitudes et valeurs difficiles à mesurer, mais non moins essentielles pour acquérir le respect de soi et des autres, une culture écologique, l'attachement à la justice et à la paix, l'ouverture d'esprit, la compassion et la solidarité. Enfin, le savoir-faire concerne diverses aptitudes, dont la réflexion critique, la résolution de problèmes, la collaboration, l'imagination, l'affirmation de soi, la résolution de conflits, la tolérance et les techniques de participation et de communication.

Au niveau post-ASAMA, le contenu et les supports tiennent compte des spécialités de chaque centre et des secteurs prioritaires de la région : agriculture, informatique, artisanat, ferronnerie, maçonnerie, fabrication de briques et poterie.

Animateurs/éducateurs

Le programme ASAMA recrute des animateurs/éducateurs dévoués de haute qualité afin de garantir le succès de ses activités d'alphabétisation. Ils sont recyclés par les formateurs d'ASAMA (membres de la PACA formés conjointement par le PNUD et le ministère malgache de l'Éducation nationale et de la recherche scientifique.

Le financement de la PACA suffit seulement à payer deux mois de salaire aux animateurs/éducateurs de l'ASAMA. Chaque établissement doit chercher des sources de financement complémentaire pour couvrir l'année scolaire. Tous les financements et aides reçus par la PACA sont répartis de façon égale entre les classes ASAMA.

Des comités pédagogiques, constitués d'employés de la DEPA et de l'équipe pédagogique de la PACA, sont établis pour accompagner le travail des animateurs/éducateurs. Les membres du personnel doivent avoir le profil suivant : un diplôme du secondaire et trois ans d'études en sciences sociales ou en éducation. Ils doivent aussi connaître le développement social et affectif des enfants et des jeunes, les méthodes d'enseignement du primaire, les politiques éducatives et la pédagogie de l'ASAMA. Le personnel est payé journalièrement.

Suivi et évaluation

Le suivi et évaluation du programme intervient lors des phases ASAMA et post-ASAMA, à travers des visites des responsables de la PACA et de la DEPA.

L'évaluation de la phase ASAMA revient au chef de chaque zone administrative et éducative d'une structure décentralisée du ministère de l'Éducation. Il est chargé du suivi du programme, qu'il accomplit en analysant les examens trimestriels, l'admission à l'école secondaire et l'examen du CEPE.

L'évaluation de la phase post-ASAMA suit les directives de formation fixées par le ministre de l'Emploi, de l'enseignement technique et de la formation professionnelle. Le succès se mesure avec l'obtention du CEPE et les résultats du stage et les arrangements faits pour l'auto-emploi.

Les responsables de la PACA et l'équipe pédagogique centrale organisent des visites annuelles, pendant la deuxième ou la troisième période du niveau ASAMA du programme. Ces visites dans quatre zones différentes permettent de rencontrer les animateurs/éducateurs et les responsables de centre. Les formateurs régionaux de la PACA et le personnel pédagogique organisent une visite dans chaque classe. Après l'examen officiel de l'ASAMA, une formation et une évaluation interne sont organisées avec les animateurs/éducateurs. L'évaluation annuelle est menée en compagnie des responsables de centre ASAMA de chaque région. Ensuite, le chef de la région fournit un rapport à l'équipe centrale. En fin d'année, la PACA organise une réunion nationale pour tous les responsables de centre ASAMA et ses membres.

Pendant les visites, les responsables supervisent les différents niveaux de l'ASAMA et offrent une nouvelle formation aux éducateurs/animateurs de chaque capitale provinciale.

En 2011, le suivi et évaluation externe du programme ASAMA a été effectué. L'UNESCO et l'ONG Taksvärkki ont évalué le programme, tandis que FFF Malagasy Mahomby a mené une étude d'impact.

Impact et défis

Impact du programme

Le programme ASAMA a eu un impact positif en termes de niveaux d'alphabétisme, d'égalité des sexes et de droits de l'homme. Cet impact est visible non seulement chez les adolescents malgaches, mais aussi dans les communautés couvertes par le programme.

Le curriculum initialement dispensé par FFF Malagasy Mahomby a servi de base pédagogique à ASAMA, qui s'est appuyé sur le programme scolaire officiel du primaire : sciences de la vie et de la terre, malgache, histoire et géographie, français et éducation civique. En adaptant le programme à la situation nationale, la PACA l'a beaucoup amélioré, notamment en renforçant la méthode participative et en adoptant une méthode transversale de sensibilisation, axée sur les thèmes suivants pour l'année 2015 : participation citoyenne, éducation à la paix, développement durable, préparation à la vie adulte et numératie, compétences personnelles et sociales. Ces thèmes, déjà couverts par l'école officielle, ont été adoptés par l'ASAMA et assimilé par les adolescents et leurs parents.

Le tableau ci-dessous présente les résultats quantitatifs de l'ASAMA en termes de participants, de candidats et d'admis au CEPE, mais aussi d'étudiants ayant intégré l'éducation formelle (Collège d'enseignement général). Les données ont été collectées et fournies par la PACA.

Année scolaire Participants recrutés Classes ASAMA Candidats au CEPE Admis au CEPE Admis au Collège d'enseignement général Abandons
2009/2010 1204 44 865 700 512 239
2010/2011 1374 54 903 777 680 471
2011/2012 2364 93 1910 1566 1308 454
2012/2013 2010 83 1580 1311 1102 430
2013/2014 2012 80 1602 1024 823 410
2014/2015 2070 75 1929 1292 * 141

Éducation inclusive : quatre jeunes handicapés physiques non scolarisés ont participé au programme. Au total, 53 % des apprenants ASAMA sont des femmes, et 90 % des classes ASAMA tenues par des animatrices.

Éducation équitable : la DEPA a étendu le nouveau programme à l'ensemble de l'île. La PACA s'efforce de maintenir son programme habituel et de l'ouvrir aux filles et aux garçons. Pour l'année scolaire 2014-2015, 1.142 filles et 971 garçons ont suivi les cours.

Éducation pour l'apprentissage tout au long de la vie et l'utilisation des TIC : douze classes ASAMA ont obtenu un smartboard, et un formateur de la PACA dispense une formation continue aux responsables de l'ASAMA sur l'utilisation de cet outil et les TIC. Par suite, ces bénéficiaires transmettent la formation à leurs apprenants respectifs. Toutefois, le manque d'électricité et de sites adéquats empêche d'ouvrir cette formation à tous.

Le programme ASAMA a également eu un impact en termes d'apprentissage tout au long de la vie, notamment en ce qui concerne l'usage des TIC, les conséquences du changement climatique, l'alphabétisation pour l'acquisition de compétences techniques et la sécurité alimentaire.

Défis

Le programme ASAMA de la PACA a connu de nombreuses difficultés, non seulement en raison de la situation politique incertaine, mais aussi de facteurs comme la pauvreté, le manque de soutien financier, l'inéquité, le désaccord et le soutien insuffisant de la part du système éducatif de façon générale, entre autres.

Pauvreté

La pauvreté constitue un défi pour le programme ASAMA. Entre 12 et 15 % des apprenants le perçoivent comme un moyen de survie au lieu d'un moyen d'éducation. Ce, parce qu'il offre à certains d'entre eux leur seule chance de manger dans la journée. Sans les repas scolaires, beaucoup d'apprenants n'auraient aucun intérêt à participer.

Même malades, les apprenants préfèrent aller à l'école car, à la maison, personne ne s'occupera d'eux. C'est pourquoi les repas scolaires constituent une mesure d'accompagnement essentielle pour le programme ASAMA. Malheureusement, toutes les classes ASAMA ne sont pas en mesure d'en offrir. D'où, leurs résultats faibles par rapport aux autres.

Appui financier insuffisant

Malgré le manque de fonds, la PACA et ses membres continuent de servir la jeunesse malgache. Le coût unitaire d'une classe ASAMA de 30 apprenants est estimé à 5.000 € pour un programme complet (2.500 € par an, niveau post-ASAMA non compris). Le financement de la PACA suffit seulement à payer deux mois de salaire aux animateurs/éducateurs ASAMA. Les écoles doivent chercher des ressources additionnelles pour couvrir leur masse salariale annuelle. Malgré le manque de fonds, les animateurs font de leur mieux pour atteindre l'excellence, car seules les meilleures classes obtiennent un financement. La stratégie de mobilisation de fonds est élaborée au niveau local et au niveau de coordination centrale.

Résultats de l'alphabétisation des adultes à Madagascar

Les résultats attendus pour la période 2009-2015 sont la réduction du taux d'analphabétisme des adultes à 27,5 %, en alphabétisant 861.647 adultes de 15 à 45 ans et 287.216 adolescents de moins de 15 ans. Toutefois, à ce jour, seuls environ 2.500 adolescents ont été alphabétisés, dont 2.300 couverts par la PACA. Quelque 400.000 adolescents pourraient être alphabétisés d'ici 2030 si le programme de généralisation de l'alphabétisation est mis en œuvre ou si le ministère de l'Éducation dote chaque communauté du pays d'une école primaire ou secondaire publique.

Disparité entre les sexes

En termes de taux d'alphabétisme des jeunes (hommes : 65,9 % ; femmes : 64 %), Madagascar affiche une disparité entre les sexes moins marquée que beaucoup d'autres pays africains. Toutefois, l'écart persiste dans d'autres domaines, comme les taux nets de scolarisation dans l'enseignement primaire et secondaire.

Autres

La société civile ne forme pas une structure légale qui protège les défenseurs des droits de l'homme à Madagascar. L'autorité judiciaire malgache n'est pas indépendante. Ainsi, la société civile n'est pas toujours efficace. Le meilleur remède pour la PACA consiste à façonner les nouvelles générations des écoles ASAMA. Les enfants bénéficiaires du programme peuvent aussi influencer leurs parents et encourager les leaders locaux à réclamer leurs droits. De grands efforts seront déployés par la PACA, à travers ses branches dans le pays, pour que la justice, le traitement égal, la transparence et la redevabilité sociale deviennent une réalité.

Le programme ASAMA de la PACA connaît également des difficultés en matière d'usage des TIC puisque les salles de classe ne sont pas toujours électrifiées.

L'ASAMA a été une alternative efficace pour les apprenants qui ont prématurément quitté l'école, avec un niveau d'alphabétisme faible ou inexistant. Elle résout certains problèmes du pays liés à l'abandon scolaire et au faible taux de rétention scolaire.

Leçons apprises

La réussite du programme dépend des facteurs clés suivants :

Pérennité

Le programme ASAMA est financé par le ministère malgache de l'Éducation, la DEPA, l'ONG Taksvärkki, BFV Société Générale, Foyer philosophique et le Rotary Club de Mahamasina. L'École normale supérieure de Fianarantsoa, l'UNESCO et le PNUD ont également participé au financement du programme à divers stades de son existence.

Pour la PACA, l'alphabétisation et l'éducation formelle doivent être une affaire de l'État, car l'éducation doit être gratuite et obligatoire. Toutefois, l'éducation et l'alphabétisation doivent aussi être l'affaire de tous. Pour cette raison, la PACA a décidé de sensibiliser ses membres pour générer des fonds par le biais de cotisations annuelles et de mener un plaidoyer auprès de l'ensemble des départements ministériels (Défense, Éducation, Agriculture, Élevage, Santé, Eaux et forêts, Environnement, Culture, entre autres), mais aussi des partenaires privés.

Sources

Contacts

Mme Voahangy Hanta Mialy Soa Ratiarison
Présidente de la PACA
A-69 Antananarive 102 – Cité Akany Sambratra – Madagascar
voahangyhanta@orange.mg
pacamad@gmail.com
Dr Jean Baptiste Rakotozafy Harison
Expert en programme d'alphabétisation et d'éducation
Professeur (HDR) à l'Université de Fianarantsoa, Madagascar
jrakotozafy@yahoo.fr
jrakotozafy@gmail.com

Dernière mise à jour : 27 août 2015