Alphabétisation, Formation et Insertion des Femmes

Profil de pays: Algérie

Population

37.900.000 (2010)

Langue officielle

Arabe

Pauvreté (Population vivant avec moins de 2 dollar par jour):

15 % (1990–2005)

Taux d’alphabétisme des adultes (15 ans et plus, 2007)
  • Total : 24,6 %
  • Hommes : 17,1 %
  • Femmes : 32,3 %

Présentation générale du programme

Titre du programmeAlphabétisation, Formation et Insertion des Femmes - Projet AFIF
Organisation chargée de la mise en œuvreGouvernement de l’Algérie et Mairies des Villes
Ministres de l’Education, de la Formation Professionnel, de la Solidarité Nationale et de la Culture
Agence de coopération Espagnole Internationale(AECI
) Entreprises nationales et secteur privé : Sonatrach, Nedjma, Saidal, et Arcofino
La Commission Nationale des Droits de l’Homme et le Conseil National de la Langue Arabe
Agences Onusiennes : UNICEF, UNDP, UNESCO
L’Agence Nationale Espagnole de Coopération (ANCI)
L’Ambassade Japonaise en Algérie
Langues d’enseignementArabe
PartenairesCotisations des membres et donateurs étrangers
Gouvernement Algérien dont le Ministère de la Formation Professionnelle
Le secteur privé : les entreprises Sonatrach, Arcofino et NEDJMA
Mairie d’EL KHROUB
Coûts annuels du programme144,000 US $ pour le centre de Attatba
Date de création2005

Contexte

L’Algérie est un pays Arabe situé au Nord de l’Afrique avec une population de 39 millions d’habitants. Dès 1962, l’Algérie s’est doté d’un vaste programme d’alphabétisation au moment où plus de 85% de la population était analphabète. Malgré les investissements consentis et les progrès réalisés dans le domaine de l’éducation depuis l’Indépendance, les défis avec l’analphabétisme persistent. D’après les statistiques du dernier recensement de 2008, 22% de la population souffre encore de l’analphabétisme. S’inscrivant dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le Développement et de ceux de la Décennie des Nations Unies pour l’Alphabétisation, l’Algérie, qui a procédé à de grandes réformes dans le système éducatif, vient de se doter d’une Stratégie Nationale de Lutte contre l’Analphabétisme pour réduire de moitié le taux d’analphabétisme. La mise en œuvre de cette stratégie a été confiée à l’office national de lutte contre l’illettrisme. Cette stratégie définit le rôle des ONG, dans le cadre de la concertation, de la sensibilisation et, de l’encadrement des enseignants de la société civile et du secteur privé dans le domaine de la lutte contre l’analphabétisme. C’est dans le cadre de cette stratégie nationale qu’IQRAA a lancé un vaste programme d’Alphabétisation, de Formation et d’Insertion des Femmes dénommé Projet AFIF.

Le programme

Organisation

Active depuis 1990, l’Association Algérienne d’Alphabétisation IQRAA est une ONG nationale d’appui en matière d’éducation en général et d’éducation des adultes en particulier. L’Association est structurée sur l’ensemble du territoire national soit dans les 48 wilayas (Départements) que compte l’Algérie. Elle couvre 952 communes sur 15 41. Elle comporte en outre un large nombre de volontaires qui travaillent pour elle.

Depuis sa création, IQRAA s’est fixé deux objectifs majeurs :

  1. Contribuer à concrétiser les Objectifs du Millénaire pour le Développement ainsi que ceux de la décennie des Nations Unies pour l’Alphabétisation ;
  2. Promouvoir le développement humain en adoptant les valeurs de solidarité, du respect des apprenants, de l’égalité homme - femme en luttant contre l’analphabétisme et la déperdition scolaire.

Son champ d’action recouvre le domaine de l’alphabétisation, de l’enseignement et de la formation professionnelle, ainsi que la création de programmes pour l’intégration des individus sur le marché du travail et la promotion des populations dans les zones rurales et isolées. IQRAA s’est investie dans de nombreux projets d’alphabétisation, surtout en faveur des femmes et a développé une solide expérience en la matière. Cet engagement lui a valu de nombreuses reconnaissances aux plans national et international dont le Prix Roby Kidd décerné par le Conseil International pour l’Education des Adultes (International Council for Adult Education-ICAE) en 1994, le Prix Arabe d’Alphabétisation décerné par l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO) en 1998, le Prix International d’Alphabétisation Nomma décerné par l’UNESCO en 1997 et le Prix Arabe d’Alphabétisation obtenu en 2002 et celui de l’UNESCO 2014.

Le programme AFIF, initié par l’IQRAA, leur permet donc de bénéficier de l’opportunité d’obtenir des qualifications professionnelles telles que dans les domaines de la couture ou de la coiffure, et d’exercer des activités qui leur permettent de s’intégrer sur le marché du travail et de générer leur propre revenus avec l’aide du gouvernement par le biais de l’octroi de micro-crédit ou d’emplois de bureau. Les groupes spécialement visés par le programme sont les femmes adultes de plus de 15 ans et les jeunes déscolarisées. En somme, ce programme est un exemple de réussite quant à l’intégration de l’alphabétisation avec le développement social, et de l’impact positif dans les familles et dans les communautés.

Objectifs principaux

Ce programme vise à prendre en charge l’apprentissage de la lecture et de l’écriture des femmes et jeunes filles et de développer l’acquisition des compétences professionnelles minimales pour exercer un métier et développer une activité génératrice de revenus. Il vise essentiellement à apporter aux apprenantes des savoirs faire utiles à leur environnement immédiat.

Ainsi, les objectifs affichés illustrent la volonté d’aider les jeunes et les adultes qui n’ont pas suivi le cycle normal d’éducation ainsi que la volonté de soutenir les populations isolées en difficulté dans les zones rurales pour leur intégration sociale. Le but est de leur donner l’opportunité d’améliorer leur condition économique et donc plus d’autonomie.

Plus spécifiquement, le projet IQRAA possède un programme pour les femmes qui n’ont pas le niveau requis pour accéder à la formation –dans un but de combat contre l’exclusion et la marginalisation qui se nomme « Alphabétisation, Qualification ».

L’approche de ce programme est d’assurer que le processus d’alphabétisation offre aux femmes qui vivent dans des conditions difficiles la capacité de se responsabiliser grâce à des qualifications. De même, l’objectif est de développer les compétences des femmes dans la vie de tous les jours pour leur contribution à la gestion locale et accroitre leur autonomie. Il s’agit de renforcer la capacité des femmes par l’acquisition de qualifications professionnelles pour leurs projets et de promouvoir l’implication des femmes rurales à travers des activités sources de revenus financiers et de participation dans le développement local.

Enfin, il s’agit de responsabiliser les femmes à travers la gestion collaborative et les installations qui leur sont mis à disposition par le centre afin d’atteindre les objectifs du projet.

Réalisation du programme

Dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet, plusieurs acteurs se sont associés et se sont mobilisés afin de permettre son aboutissement :

  1. Les autorités locales qui grâce à l’octroi de terrain pour y construire le centre ou par la mise à notre disposition de locaux que nous restaurons et équipons
  2. Les différents sponsors (entreprises citoyennes) pour l’assistance technique et équipements des centres
  3. Les structures de bases qui encadrent ce programme sont composées de militants actif, ils participent à la mobilisation des apprenantes et à l’élaboration de l’étude du milieu de ces dernières
  4. Les enseignants qui encadrent ce projet bénéficient d’une formation pédagogique
  5. La commission pédagogique chargée de l’élaboration des programmes ainsi que des différentes étapes de suivi et d’évaluation .Celle-ci a procédé à la conception des ouvrages pédagogiques dans le cadre du programme « apprendre utile »
  6. L’expertise du projet

Les centres AFIF sont gérés par un personnel payé par les autorités locales dans le cadre de l’emploi des jeunes, et mis sous l’autorité de l’Association qui dispose d’un règlement intérieur pour son bon fonctionnement.

Formation des facilitateurs

Dans le cadre de ce projet, les facilitateurs ont été impliqués dans l’animation des sessions. Le niveau des facilitateurs au moment de l’identification varie. Certains ont le niveau de la 3e année du secondaire, d’autres ont le Baccalauréat et d’autres une Licence. Chaque facilitateur encadre de 15 à 20 apprenants par section, suivant les localités. La formation initiale et continue des facilitateurs est assurée par IQRAA, immédiatement après les entretiens avec les candidats. Ils sont volontaires à plein temps et payés à hauteur de 153 USD. Les rémunérations des facilitateurs sont prises en charge sur le financement du Ministère de l’Éducation Nationale Le recrutement de ces facilitateurs se fait par le biais de l’Office Nationale d’alphabétisation et la formation de ces derniers, obéit aux normes nationales. Chaque année, l’IQRAA procède à leur mise à niveau par des sessions de formation sur le terrain tout au long du cursus. C’est donc le Comité d’Education de l’IQRAA qui est responsable de la surveillance des sessions de formation organisées en Septembre. Enfin, la formation est ultimement surveillée par les Inspecteurs de l’Enseignement, rendu disponibles par le Département.

Formation des bénéficiaires

Ce projet s’adresse aux femmes analphabètes âgées de 16 à 35 ans. Le choix s’est fait, sur la base d’une étude du milieu où la demande était assez forte, et ainsi, le nombre de bénéficiaires varie d’un centre à un autre. La durée moyenne de la formation par participante est de 18 mois mais la durée d’obtention de qualifications prend de 3 à 6 mois, en fonction des compétences requises et des capacités des apprenantes. De plus, le nombre moyen d’apprenantes par groupe s’élève entre 15 et 20. Selon la disponibilité des participantes, les formations peuvent débuter à n’importe quelle période de l’année et les cours sont gratuits. IQRAA utilise diverses infrastructures pour la délivrance des sessions de formation. En effet, en plus des centres qu’elle a construits et équipés dans plusieurs localités du pays, IQRAA utilise les infrastructures scolaires pendant la période des vacances.

La méthodologie d’apprentissage et de formation se déroule de la manière suivante : pour déterminer les besoins des apprenants, et donc les programmes de l’association, l’AFIF conduit une étude de l’environnement social, économique et géographique des apprenants, puis un entretien est conduit par les volontaires afin de connaitre les motivations des apprenants ainsi que leurs intérêts. La formation des bénéficiaires est effectuée selon deux méthodes : une traditionnelle et une participative, En outre, le contenu de la formation dispensée est établie en partenariat avec le gouvernement puisque l’association conduit le combat national contre l’illettrisme adopté par le gouvernement en 2007, ainsi le contenu a été étudié dans un cadre collaboratif avec le Comité d’Enseignement de l’AFIF qui est composé de professionnels de l’Education ( professeurs, psychologues ou avocats) et qui est responsable du développement des outils éducatifs. Il prend en compte les textes de références nationaux et internationaux.

Les sujets couverts par les cours dispensés dans la langue officielle aux bénéficiaires sont variés et concernent ainsi les différences entre les hommes et les femmes, la citoyenneté, l’environnement, la paix et la tolérance, les droits de l’Homme, la prévention de la Santé et le combat contre le SIDA, la compréhension du Code de la Famille, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et enfin la Justice Sociale.

1. L’Alphabétisation

Dans le cadre du projet AFIF, l’alphabétisation est vue comme une composante essentielle du renforcement des compétences des femmes d’une manière générale. Les cours d’alphabétisation d’IQRAA permettent aux femmes d’acquérir des compétences en lecture et en écriture ainsi que des connaissances leur permettant d’être des citoyennes informées et actives dans leurs communautés. Pour ce faire, l’association a conçu une série de livrets sur des thèmes en rapport avec le concept tels que le planning familial, la citoyenneté, la culture de la paix et les droits de l’homme et l’environnement. L’alphabétisation permet donc aux femmes, en plus de son potentiel de développement des compétences en lecture et écriture, de s’informer davantage sur des thèmes en rapport avec leurs vies quotidiennes.

2. La formation

Une série de formations thématiques est dispensée aux femmes dans les centres. Le choix des techniques de base enseignées dans les centres s’est porté sur des disciplines fort prisées dans de nombreuses régions du pays pour leur utilité immédiate ou la possibilité qu’elles offrent de générer des revenus à travers des activités comme la couture, la broderie ou la peinture sur soie.

Il existe une grande tradition de broderie et de tissage dans pratiquement toutes les régions du pays et selon des motifs traditionnels très prisés d’une région à l’autre. Les pièces brodées trouvent leur usage immédiat dans la vie quotidienne (châle de Ouargla, coussins en peinture sur soie de Sidi Hammed, peinture, etc.).

Les formatrices aux techniques de base sont recrutées localement et reçoivent une indemnité versée par les communes dans le cadre du tissu social. Il s’agit souvent de femmes alphabétisées par l’association, possédant une bonne maîtrise de ces techniques, et qui sont recrutées par l’association.

3. Mise en œuvre des activités génératrices de revenus

Cette étape constitue la phase pratique de mise en œuvre des notions théoriques abordées pendant les formations précédemment décrites. Cette phase permet aux femmes d’aborder la phase pratique d’installation des microprojets d’activités génératrices de revenus. Des prêts sont octroyés aux femmes pour l’acquisition des équipements (tels que des machines à coudre). Les revenus de ces prêts permettent à l’association d’aider d’autres femmes à sortir de la dépendance. Cette expérience menée à Batna a pu se réaliser grâce à l’acquisition de matériel par le Ministère de la Solidarité Nationale.

C’est en 1995 qu’a débuté ce projet avec la collaboration de l’UNICEF qui a mis à la disposition de l’Association 30 machines à coudre pour mener le premier projet. Plus de 28 000 femmes ont bénéficié de ce programme. Depuis cette date l’Association dispose de ses propres centres qui fonctionnent à plein temps, ils sont 9 au total, et prennent en charge plus de 1500 femmes par an.

Eléments novateurs

L’élément novateur majeur est le lien entre alphabétisation, formation et développement. L’alphabétisation est vue comme un préalable à des formations thématiques qui visent à rendre les participantes plus entreprenantes et autonomes dans leurs communautés. L’alphabétisation est un outil qui leur permet de tirer une plus-value des formations thématiques et de développer une autonomie de gestion de leurs activités génératrices de revenus.

En outre, ce programme est basé sur le principe d’égalité d’accès á l’éducation et à la formation, et conçu selon un cadre collaboratif avec la société civile, ce qui crée une synergie entre toutes les ressources des institutions de l’Etat et celles de la société civile.

Suivi et évaluation du programme

Un suivi pédagogique continu des participantes s’effectue tous les trimestres. En fin d’année, des évaluations de niveau ont lieu sur la base desquelles des certificats d’alphabétisation et des certificats de formation sont décernés aux participantes. L’Office Nationale d’Alphabétisation est le référent pour toutes les évaluations des apprentissages.

De façon spécifique, IQRAA a mené des études d’impact au niveau d’un certain nombre de centres pour mesurer les progrès réalisés à travers la mise en œuvre des activités de ce projet. C’est dans ce cadre qu’une étude d’impact a eu lieu au Centre de Tipaza en Mai 2004 et au Centre de Blida en Juillet 2004. Une évaluation des programmes réalisés dans le cadre de ce projet a identifié des impacts importants quant à la construction de tels centres de proximité en milieu rural. Certains constituent des indicateurs pertinents du projet. Il est à signaler que le dynamisme du projet s’est développé à tel point que les pouvoirs publics l’ont généralisé: Il porte le nom de mécanisme d’alphabétisation-qualification, mené par le Ministère de la Formation Professionnelle. L’expérience IQRAA a démontré l’effet de réhabilitation des femmes dans leur environnement. L’expert ayant mené l’étude d’impact du centre de Attabla a été formel: les femmes sont devenues visibles, participatives et responsables. Un changement important dans le comportement des citoyens du village de Attabla par rapport aux femmes du village a été noté.

Enfin, ces effets ne doivent pas être considérés de façon isolée, mais comme des produits complémentaires des différents mécanismes mis en œuvre par les pouvoirs publics afin de créer des opportunités d’intégration des citoyens dans la vie sociale en milieu rural. Ainsi, il y a une forte demande envers les services de l’alphabétisation par les femmes de tous âges en raison de la souplesse du projet, de sa faisabilité ainsi que des perspectives d’avenir qu’elle offre.

Impact et Résultats du programme

Ce programme a significativement contribué la lutte contre l’analphabétisme et à l’épanouissement socio -économique des femmes et jeunes filles en Algérie. Chaque année, ce sont plus de 130,000 participantes qui bénéficient des cours d’alphabétisation et 2 500 femmes âgées entre 16 et 35 ans qui bénéficient des différentes formations thématiques offertes dans le cadre du Projet AFIF (couture, broderie, tissage, peinture sur soie, coiffure , saisie en informatique etc.).

En plus de l’utilisation des infrastructures scolaires après les heures de cours formelles, le projet AFIF a permis la construction et l’équipement de centres de proximité en zones rurales: huit centres AFIF ont été réalisés à travers différentes wilayas du pays (Commune de Ain Touta dans la wilaya de Batna, Commune de Sidi Hammad dans la wilaya de Blida, Commune de Attatba dans la wilaya de Tipaza, Commune de Abalessa dans la wilaya de Tamanrasset, Commune de Temacine dans la wilaya de Ouargla, Commune d’el Khroub dans la wilaya de Constantine et celle de Ain Amenasse dans la wilaya d’Ilyzi). Ces centres ont été réalisés avec des contributions importantes et diverses venant des autorités et des communautés locales et internationales, des entreprises citoyennes Algériennes telles que Sonatrach, Saidal, Nedjma, de la téléphonie mobile, Sonelgaz, etc. IQRAA dispose aussi de locaux (inoccupés par les autorités locales) dans certaine wilayas qui servent d’ateliers AFIF. Il en existe plus de 50 dans ce cas.

Dans le cadre des formations thématiques, un accent particulier a été mis sur les thèmes sociaux. Cela se reflète dans l’importante littérature développée dans le cadre du projet. Cette littérature comporte une série de livrets pédagogiques et de productions audio visuelles sur des thèmes tels que le planning familial, la prévention du VIH/SIDA, la culture de la paix, la culture de la citoyenneté, la culture de l’environnement et le code de la famille. Un nouveau manuel vient d’être édité : il s’agit de « Droits et Devoirs des personnes incarcérées ».

Le projet AFIF a permis aux femmes des régions couvertes d’initier des activités génératrices de revenus rentables. Un système de prêt initié a permis un mécanisme de financement durable pour que les femmes puissent acquérir des équipements de production. Les remboursements permettent à d’autres femmes d’avoir accès à des prêts et de pouvoir s’équiper.

L’accomplissement de tous ces acquis a créé la possibilité pour l’IQRAA d’accéder à une grande reconnaissance aux plans national et international à travers la réception de nombreux prix. Cela démontre le potentiel d’IQRAA en matière de mobilisation des ressources humaines et financières ainsi qu’en matière de plaidoyer et de lobbying aux plans national et international. Par conséquent, le Gouvernement Algérien a décidé, sous l’égide du Ministère de l’Education Nationale, d’octroyer un montant de 5, 6 Million de Dollars pour intensifier ces programmes d’alphabétisation et de formation des adultes. La perspective est d’alphabétiser 3,2 Million d’analphabètes à l’horizon 2015.

Exemple : Centre de Attatba

DisciplinesNombre de Femmes
Classe d’Alphabétisation91
Couture17
Broderie21
Coiffure09
Pâtisserie10

Défis rencontrés et leçons apprises

Un certain nombre de défis ont été relevés dans le cadre de la mise en œuvre du programme. Les plus gros défis rencontrés sont les réticences de certains milieux sociaux qui pensent que c’est trop tard pour s’alphabétiser, ainsi que les lenteurs bureaucratiques dans l’octroi des autorisations d’accès dans les établissements scolaires.

De plus, l’objectif fixé de réduire le taux d’illettrisme qui s’élève actuellement à 22,1% est le défi principal de l’Association. Or, l’Association note un manque d’engagement de la part de la population de se battre contre l’illettrisme, c’est pourquoi elle réfléchit à créer un plan de communication en impliquant les associations médiatiques et l’Entreprise Nationale. Elle a par ailleurs déjà organisé des activités publiques visant à communiquer à propos de cet objectif, telles que le déplacement de caravanes dans les villages et les zones isolées qui abordent le sujet de la bataille contre l’illettrisme. De plus, un projet d’école mobile est à l’étude dans le sud de l’Algérie afin de toucher spécifiquement les populations nomades et les populations pour qui les fonds financiers restent à trouver.

Cette expérience a permis de prendre conscience des véritables problèmes que rencontrent les femmes en zone rurales (éloignement des infrastructures et manque de transport, manque d’internats et de cantines scolaires) : Le projet AFIF est une des réponses aux attentes et aux besoins de la population.

Le projet AFIF a été évalué par un expert dans le cadre d’une étude d’impact sur les bénéficiaires du projet. Cette analyse a été confiée au Centre National d’Étude et d’Analyse de la Population (CENEAP) dont la conclusion a été la suivante : « l’ouverture de centres de proximité pour les femmes ont rendu celles-ci visibles, participatives et responsables ». L’ Association considère que ces qualificatifs justifient amplement la démarche et la nécessité de continuer à œuvrer dans cette voie, d’autant plus après avoir vu le courage et la pugnacité de celles qui ont réussi à s’autonomiser malgré le nombre considérable d’entraves et d’interdits.

Quelques leçons peuvent être tirées de cette expérience novatrice :

Pérennité des actions du projet

Les actions du projet sont concrètement mises en œuvre de façon durable, ainsi depuis sa fondation l’IQRAA a contribué à la formation en matière d’alphabétisation a plus de 1,552,000 individus-principalement des femmes. De plus, le programme AFIF a permis la formation et la responsabilisation de plus de 23,000 jeunes femmes entre 18 et 35 ans dans des domaines variés.

Et de même, chaque année 140,000 individus prennent part au programme-dont la plupart sont des femmes- pour lutter contre l’illettrisme et sont encadrés par 4649 professeurs et formateurs rémunérés au sein du cadre de la stratégie nationale du programme d’alphabétisation adopté par le gouvernement en 2007.

Enfin, l’IQRAA est membre de plusieurs réseaux et conseils internationaux, et possède le statut d’observateur au Conseil Economique et Social des Nations Unies. Ainsi, ces actions et implémentations locale et internationale lui permette d’assurer la pérennité du projet, d’autant plus que les résultats sont examinés chaque année en Juin par le Ministère de l’Education Nationale pour le programme d’Alphabétisation.

Par conséquent, l’action du programme AFIF depuis 1995 a démontré son effectivité et ne cesse d’attirer les femmes illettrées ou très peu instruites qui souhaitent y prendre part. Sa viabilité est confirmée par le succès des apprenants et leur intégration dans le monde du travail, leur autonomie et changement de comportement social au sein des familles, ainsi que l’évolution des apprenantes provenant des zones rurales qui ont bénéficié des micro-crédits. Quant à la viabilité financière, elle est assurée par le soutien des autorités locales et du gouvernement.

Contact

Mrs Aicha BARKI, Présidente IQRAA
Association Algérienne d’Alphabétisation « IQRAA »
04, Rue Wargnier –Algier centre –ALGIER
Téléphone : 00 213 21 73 52 47
Fax : 00 213 21 73 52 47
Email : iqraa.asso (at) gmail.com
Site web : http://www.iqraa.asso.dz